Circuit découverte d’Orval à Rossignol
! A l’abbaye d’Orval, faire demi-tour direction de Virton. Suivre cette route (N 88) jusqu‘à Meix-devant-Virton
Gérouville
La fondation du village remonte à 1258. Les comtes de Looz et de Chiny se mirent d’accord avec l’abbaye d’Orval pour « faire une ville franche à la loi de Beaumont ». Ils souhaitaient implanter dans une partie de leur propriété un village aux lieux-dits « Gérousart » et les « Morts Hommes »
Encore à notre époque, nous pouvons remarquer que Gérouville fut construit d’après un plan régulier où les rues se coupent à angles droits. Le plan en damier des rues du village en fait un des rares exemplaires visibles en Belgique.
A découvrir :
- L’église.
L’actuelle église Saint André, classée, a été remaniée en 1634. Son chœur carré est probablement un vestige du sanctuaire consacré en 1259.
Admirons l’autel majeur du début du 18ème siècle, un autel de la Vierge style Louis XIV, la chaire de Vérité où l’on peut voir en bas-relief les 4 évangélistes et les remarquables stalles du 16ème siècle provenant de l’abbaye d’Orval. On y remarque des motifs floraux naïfs et des accoudoirs aux symboles des 4 Evangélistes comme le Lion de saint Marc. - L’orme.
Pour commémorer l’affranchissement de la ville en 1258, on planta des ormes aux quatre coins de la place publique où la communauté venait élire chaque année le maïeur et les échevins le jour de la Pentecôte.
Le dernier survivant de ces quatre vénérables ormes s’est effondré le 8 février 1876 au cours d’une tempête.
Selon une description ancienne “l’orme mesurait 25 m de circonférence à 1 m du sol. A 12 m de hauteur, il bifurquait en deux énormes colonnes qui s’élevaient à 50 m”. De cette description surréaliste et vraiment épique, on retiendra qu’un orme antique, aux proportions importantes ornait la grand place de Gérouville au 19ème siècle.
On le considérait à tort comme un tilleul. Il fut acheté par un sénateur, Monsieur Lambotte, qui en transporta un tronçon dans sa propriété de Schaerbeek afin de l’aménager en pavillon, tel qu’on peut le voir à présent à Gérouville. Il fut rendu à la commune de Gérouville après avoir figuré aux expositions universelles de Bruxelles et d’Anvers.
Meix-devant-Virton
Derrière la Chapelle Buzette (18ème siècle) se trouvent des marécages qui sont à l’origine du nom du village. Meix vient du mot germanique « meer » qui désigne un lac ou un marais.
L’an 1636 est gravé pour toujours dans la mémoire collective des meixois. Durant la guerre de Trente Ans, des mercenaires croates au service de l’Empire, avaient leur campement à Meix. Ils se conduisaient en véritables barbares et pillaient, brutalisaient et violaient les femmes. Un habitant a pris son fusil et a tué un Croate. Les Croates se sont vengés en brûlant toutes les maisons sauf la première et la dernière. Ensuite ils ont mis le feu à l’église dans laquelle s’étaient réfugiés les villageois.
A découvrir :
- la pittoresque ruelle piétonne « rue de l’Enfer », bordée de petites maisons des 18ème et 19ème siècles aux façades crépies et de jardinets enclos. Les portes d’entrée sont souvent précédées d’un perron.
- le lavoir : dans l’actuelle Grand rue. C’est un lavoir semi-ouvert dont la façade est en pierre de taille jaune. Trois grandes entrées séparées par deux piliers donnent accès à la rue. Le lavoir est coiffé d’une bâtière en ardoises. A l’intérieur se trouvent quatre bacs en pierre accolés et un petit bac en ciment à la sortie. Deux robinets remplacent les fontaines. L’ensemble est couvert d’une belle charpente.
- la chapelle Buzette ou la chapelle des Sts.Pierre-et-Paul : petit sanctuaire privé en moellons crépis et blanchis. Cette charmante chapelle est la plus ancienne bâtisse de Meix et fut restaurée en 1999.
A savoir !
Le lavoir : lieu de rencontre et de labeur !
En Gaume chaque village possédait un ou plusieurs lavoirs.
Ces points d’eau étaient réservés exclusivement au lavage du linge et étaient propriété de la commune à qui en incombait l’entretien. Ils ont été aménagés au 19ème siècle, souvent en style néoclassique.
Le lavoir était fréquenté régulièrement pour des petites lessives mais deux fois par an, au printemps et en automne, avait lieu la « grande lessive ». Les filles de la maison étaient réquisitionnées avec les meilleures voisines et l’homme avait pour mission de réserver l’endroit. Dans certaines localités, la location du lieu était payante, pour un ou deux francs, ce qui aidait à planifier les tournantes.
Plusieurs jours à l’avance, le linge sale disposé sur des cordes au grenier, était mis à tremper. Le procédé le plus ancien qui remonterait aux années 1880 est connu sous le nom de « lessive à la cendre ». On déversait alors plusieurs fois de l’eau bouillante dans la cuve par-dessus le tout pour obtenir une eau chargée de la potasse contenue dans la cendre. Puis les étoffes étaient prêtes pour l’étape suivante : le savonnage. Le linge était transporté dans des hottes à l’aide d’une brouette jusqu’au lavoir. Agenouillées sur la paille, les lavandières savonnaient, brossaient, frottaient, frappaient à coups de battoir le linge pour en extraire les impuretés. Elles le trempaient dans de l’eau claire, le rinçaient et le tordaient.
Le lendemain, le linge était mis à sécher sur des haies et les draps étendus sur les prés. Une femme restait là pour remettre en place les pièces retournées par le vent.
On s’imagine que les langues allaient bon train dans ces lieux où les femmes se retrouvaient. On appelait le lavoir « chambre des députés » ou encore « nid de guêpe » !
! Au centre du village prendre à gauche la direction Tintingy-Lahage
Lahage
Lahage (commune de Tintigny) est un petit village-rue. Son histoire remonte à l’époque romaine (du 1er au 3ème siècle). Le « survey national » attire l’attention sur la partie centrale du village pour son habitat traditionnel dans un hémicycle forestier, particulièrement intéressant du point de vue géographique et esthétique. Au nord s’ouvre un paysage de plateau.
A découvrir
- 2 lavoirs du 19ème siècle dont le plus ancien se situe près de l’actuelle école
- le moulin cité pour la première fois en 1344 se situe à la sortie sud du village. Souvent les archives civiles et religieuses citent les noms de ces artisans meuniers exerçant une activité vitale pour la communauté villageoise.
- le calvaire du lieu-dit « la croix » datant de 1830 sur le chemin de Lahage à Bellefontaine.
- le site exceptionnel du Cron de Lahage (suivre les indications dans le village) . A l’ombre des plus belles futaies de la Gaume dans la vallée de la Chevratte se situe Le Gros Cron, une curiosité naturelle. La Commission royale des Monuments et des Sites a procédé en 1974 au classement de « la crânière » de Lahage. La masse rocheuse qui atteint 20 m de hauteur est constituée de couches de cron, précipitées et déposées au fil du temps à partir des eaux de sources fortement chargées en calcium. Le cron, en partie fossile et en partie encore en formation est colonisé par une graminée rare, la seslerie bleue.
Cette pierre d’aspect spongieux et gris est en même temps dure et légère et a pour cette raison déjà été utilisée par les romains pour tailler des sarcophages. Elle fut également utilisée pour la confection des cheminées ou pour l’encadrement des portes et fenêtres comme on peut toujours en voir dans le village de Lahage.
L’existence de deux ermitages est signalée dans plusieurs documents. Les ermites y vivaient dans une grotte taillée dans la roche. Un refuge de l’époque gauloise se trouve juste au dessus du cron.
L’itinéraire à suivre pour visiter ce monument naturel est indiqué à partir du centre de village.
! Traverser le village et prendre la direction de Tintigny. Vous arrivez sur la route Croix Rouge- Tintigny. Prendre à gauche direction Bellefontaine -Tintigny
Tintigny
Tintigny, un village typiquement gaumais, aligne ses maisons le long des routes Florenville-Arlon et Marbehan-Virton. La commune compte neuf villages : Tintigny, Bellefontaine, Rossignol, Saint-Vincent, Lahage, Breuvanne, Ansart, Poncelle et Han. La plupart ont gardé un cachet campagnard. Ils sont d’anciens petits villages agricoles actuellement en train de se reconvertir en quartiers résidentiels.
Les amateurs de pêche arrivent au paradis à Tintigny : 30 km de pêche le long de la Semois, de la Rulles, de la Breuvanne et de la Civanne.
Parmi les autres charmes de la commune, citons la Fontaine aux Lions de 1882 et 2 lavoirs.
A découvrir
- l’église.
L’église actuelle date du début du 17ème siècle (1602).
L’implantation de l’église sur un tertre, non loin de la Semois, est sans doute un signe d’ancienneté. Il y avait peut-être déjà un lieu de culte à l’époque gallo-romaine. Elle renferme des pièces d’un grand intérêt archéologique comme des statues polychromes, une très belle chaire à prêcher. Dans les boiseries du chœur, frère Abraham d’Orval a peint les 4 évangélistes, saint Thomas d’Aquin et la vision de saint Bernard et St. Jérome.
A voir aussi le cadran solaire (encastré coté sud ) daté de 1633 et le cimetière classé autour de l’église. - le château de Villemont : entre Tintigny et St Vincent, à l’orée du bois, dans un écrin de verdure agrémenté de la fraîcheur d’étangs, de ruisselets et de petites cascades. Le château est situé au pied de la colline du Chenois et a été le siège d’une seigneurie importante dont dépendaient de nombreux villages. Il a dû être construit dans la seconde moité du 13ème siècle et le plan primitif était du type de château de plaine en forme quadrilatère, dont témoignent encore les deux tours subsistantes. Incendié en 1914, il a été reconstruit après la guerre 1914-1918. La chapelle Lorette est propriété du château, habité depuis 1815 par la famille d’Huart. Le château n’est pas visitable.
! Dans le centre de Tintigny, au carrefour de la N 879 et la N 83, prendre à gauche direction Florenville. Après 1,5 km, prendre à droite direction Rossignol. Vous passez par le village de Breuvanne avant d’arriver à Rossignol
Rossignol
Situé en limite de la forêt ardennaise, le village fut décimé par la grande peste qui toucha la région en 1636. Il fut exposé aux invasions françaises des 16ème et 17ème siècles, et plus près de nous, aux évènements de 1914. Le long de la route vers Neufchâteau, deux cimetières ainsi que plusieurs monuments, témoignent de ce passé tragique .
A découvrir
- Le château de Rossignol.
L’ancien château fut construit au début du 13ème siècle et connut ensuite de nombreux combats. Incendié en 1543 pendant les guerres de Charles-Quint, il fut reconstruit mais le duc de Nevers le rasa en 1558. Il fut finalement restauré en 1609 sur les anciennes fondations par les familles seigneuriales de Rossignol. En mai 1914, les héritières du château, les demoiselles Van der Straten-Ponthoz mettent celui-ci à la disposition des troupes alliées. Il devint un véritable hôpital qui accueillit des centaines de blessés. Actuellement propriété de la commune de Tintigny et de l’Etat, il héberge un centre culturel très actif proposant un grand nombre d’activités et un festival de Jazz très connu le « Gaume Jazz Festival » parrainé par Toots Thielemans. Le festival a lieu chaque été le week-end du 15 aôut. - La stèle d’Ernest Psichari. Elle fut élevée à l’endroit où il perdit courageusement la vie le 23 août 1914, âgé de vingt-sept ans. Ernest Psichari était né à Paris le 27 septembre 1883. Sa mère était une Renan, et son père, Jean Psichari, d’origine grecque, était maître à l’Ecole des Hautes Etudes. Ernest Psichari est donc le petit-fils d’Ernest Renan, célèbre écrivain français.
Soldat et écrivain, Ernest Psichari laisse plusieurs ouvrages remarquables: “ Terres de soleil et de sommeil ”, “ L’appel des armes ”, “ Voyage du Centurion ”, “ Les voix qui crient dans le désert ”. - L’église Saint-Nicolas. Située au centre du village et bâtie sur un ancien cimetière, elle fut reconstruite en 1846 dans le style néo-classique. A l’intérieur, nous découvrons entre autre une statue de Notre-Dame de Luxembourg en bois polychrome datant du 18ème siècle et de remarquables monuments funéraires du 17ème siècle et du 18ème siècle.
- Le mausolée (en direction de Orsainfaing) Il contient les restes des 126 habitants de Rossignol fusillés le 26 août 1914 à Arlon. Son inauguration date de 1925.
[Edité le 31 Octobre 2009]



