Circuit découverte Montmédy - Orval
! A Montmédy-Bas, prendre la direction de Sedan (N43) jusqu‘à Thonnelle.
Thonnelle
Village-rue typique en Lorraine française avec plusieurs maisons millésimées du 18ème siècle. La tour de l’église date du 16ème siècle.
! Traverser le village de Thonnelle et à la sortie du village, prendre à droite direction Avioth.
Avioth
Petit village français situé à quelques kilomètres de la Gaume, il ne compte qu’une bonne centaine d’habitants. Aussi est-on surpris d’y découvrir ces superbes chef-d’œuvres que sont la basilique Notre-Dame d’Avioth et la Recevresse.
A découvrir :
- L’église Notre-Dame d’Avioth.
Comment expliquer la présence d’une si vaste église dans un si petit village? Sa construction repose sur une légende. Au début du 12ème siècle, les habitants d’Avioth se rendaient aux offices à l’église Saint-Brice, distante de 2 km. C’est là qu’ils découvrirent sur une hauteur, une statue de la Vierge. Ils l’amenèrent à l’église mais elle retourna à sa place d’origine où fut construit un petit édifice en son honneur. Son culte eut un tel succès qu’il fallut agrandir l’église.
Une autre explication veut que le comte de Chiny ait construit une église dans le but de faire de ce petit village, une ville plus importante.
La construction de l’église remonte aux 13ème et 14ème siècles. De nombreux maçons furent engagés. Les matériaux provenaient de la région. Au début du 15ème siècle vient s’y ajouter la Recevresse de style gothique flamboyant et la chapelle Neuve ou chapelle Saint-Jean de style renaissance en 1539.
Deux portails monumentaux s’ouvrent, l’un sur la façade ouest, l’autre sur le flanc sud et le visiteur est saisi par la richesse sculpturale. Le portail ouest comporte 103 statues qui relatent le chemin que doit emprunter le chrétien pour sa rédemption. Vous pouvez également admirer sur ce même côté, la superbe rosace.
Le portail sud, face à la place, présente des épisodes de la vie du Christ. Au-dessus des voussures, un gâble abrite une Vierge à l’Enfant entre deux anges.
A droite du portail sud s’avance la chapelle de Saint Jean ou la Chapelle Neuve. Elle fut construite dans le prolongement du transept sud en 1539. Le décor est du style Renaissance.
A remarquer aussi tout autour de l’édifice les innombrables gargouilles qui rivalisent d’expressivité.
A l’intérieur, ce qui frappe d’abord le visiteur, c’est la beauté des vitraux dont certains datent du 15ème siècle. Posées au premier niveau, des superbes statues polychromes, représentent Jésus, Marie et les 12 apôtres. Ne quittez pas ce lieu saint sans avoir remarqué l’antique statue de Notre-Dame ! - La Recevresse.
Situé en avant de la façade sud, ce monument unique en France rassemble toute la finesse et la légèreté de l’art gothique (gothique flamboyant). A l’origine, il s’agit d’un édifice destiné à rendre la justice. Les armes de Gilles de Rodemarck, lion et griffon, sont sculptées à l’intérieur. Il était prévôt à Montmédy.
Plus tard, cet édifice a servi sans doute à recevoir des offrandes, d’où son nom. La statue de la Vierge à l’enfant date du 19ème siècle. - La place.
Le côté est de la place est fermé par un bâtiment du 17ème siècle . Il y avait 8 appartements pour loger les religieux en pèlerinage à Avioth.
! A Avioth, prendre la direction de Breux
Breux
Le village de Breux est cité dès 1157 et faisait partie du comté de Chiny. Les seigneurs de Breux cédèrent le terrain nécessaire à la construction de l’église d’Avioth. Alix d’Etalle, dame de Breux, a son sarcophage dans cette église.
Le village de Breux regorge d’eau : on y venait de loin pour y rouir le lin et le chanvre.
En 1845 le village comptait 830 habitants, il n’y en a plus que 200 aujourd’hui et l’exode rural continue…
A Breux aussi avant que la jeunesse fuie les campagnes lorraines, les garçons s’amusaient tout le mois de mai à peser les filles ! La jeune fille étant pesée était abandonnée aux rires des curieux. Il arriva aussi qu’une bande de filles vindicatives attrape un garçon isolé pour le peser pendant un long moment.
A découvrir :
A l’entrée du village, on peut voir une fontaine avec de l’eau rouge. On dit que cette eau ferrugineuse aurait des vertus curatives.
! A Breux, au centre du village devant l‘église, prendre la direction “Belgique”.
En passant par le hameau de Fagny, vous arrivez sur la route Virton-Florenville. Prendre à gauche direction Florenville
Limes
A découvrir :
- La borne des Limites : elle se situe sur la rive gauche du Courwé, à proximité de la dernière maison en direction d’Orval. Elle porte deux dates :
- 1820 : date du Traité des Limites signé à Courtrai le 28 mars 1820. Ce traité stipule la frontière entre les Pays-Bas et la France
- 1896 : en cette année la borne primitive fut remplacée par la stèle actuelle en pierre bleue.
A elle seule cette borne délimite 4 communes : Gérouville (Meix-dvt-Virton) et Villers-devant-Orval (Florenville) en Belgique et Margny et Breux qui appartiennent à la France. Elle sépare aussi 4 cantons , deux belges et deux français : Virton et Florenville d’une part, Carignan et Monmédy de l’autre. Ici la province de Luxembourg belge et les deux départements français de la Meuse et des Ardennes se touchent. Finalement elle délimite encore les évêchés de Namur, de Reims et de Verdun !
! Poursuivre la route en direction de Florenville jusqu‘à Orval
Orval
Situé au cœur de la forêt gaumaise, Orval doit sa célébrité à son abbaye cistercienne et présente une richesse religieuse, historique et architecturale exceptionnelle. Le nom « Orval » est porteur d’une très belle légende : Mathilde de Toscane, suzeraine du comté de Chiny, tante de Godefroy de Bouillon, et propriétaire des terres d’Orval, y aurait perdu son anneau nuptial dans une fontaine. Elle pria Notre Dame et une truite émergea de la fontaine, tenant dans sa gueule le précieux anneau. La comtesse se serait alors écriée : « Vraiment, c’est ici un Val d’Or !» En remerciement elle aurait donné par la suite les terres pour créer une abbaye. D’où selon la légende, le nom et le blason d’Orval.
A découvrir :
- L’abbaye.
Elle fut fondée en 1070 par des bénédictins venus de Calabre et devint dès le 12ème siècle un des plus célèbres monastères cisterciens d’Europe. Au 13ème siècle, elle fut ravagée par un incendie et sa reconstruction dura plus d’un siècle. Au 16ème siècle, l’empereur Charles Quint autorise les moines à y ajouter une forge. L’abbaye est mise à sac par les troupes d’Henri IV mais elle sera à nouveau restaurée au début du 17ème siècle. Peu après, lors de la guerre franco-espagnole, l’abbaye sera encore pillée et incendiée. Elle renaît chaque fois de ses cendres mais les Révolutionnaires français l’incendient et la pillent en 1796. Les moines s’enfuient et laissent derrière eux des ruines utilisées pendant 130 ans par les habitants de la région comme carrière.
Le domaine d’Orval est racheté en 1926 par des cisterciens qui construisent sous l’impulsion de l’abbé Vandercruysen un nouveau monastère dans le style néo-roman et entreprennent en même temps la restauration des ruines. En 1931, une brasserie a été bâtie au sein même de l’abbaye. Son but était d’aider financièrement à la construction du nouveau monastère. Aujourd’hui, les revenus générés par la brasserie sont consacrés en majeure partie à l’aide sociale. Les moines produisent également du fromage et des bonbons au miel. Tous ces produits sont en vente au magasin de l’abbaye pendant les heures de visites.
- Le château.
Situé le long de la route Virton-Florenville, il est un des plus récents de la région (1953). A l’origine maison de forges, le sénateur Ferdinand Loën d’Enschedé l’acheta en 1867 puis la transforma en château en 1882. Son successeur, le baron Philippe d’Otreppe de Bouvette le démolit pour en reconstruire un autre de plus petite dimension.
La bière d’Orval
Cocktail de chimie, de biologie et de cuisine, l’élaboration de la bière relève d’une technique rigoureuse. Les ingrédients qui font de chaque type de bière un cas unique sont l’eau, le malt, le sucre et le houblon.
La bière d’Orval est brassée avec du malt pâle et une faible proportion de malt caramélisé. Par concassage du malt, le brasseur obtient une farine qu’il mélange dans une cuve avec de l’eau en provenance de la fontaine Mathilde. L’amidon qu’elle renferme entraîne un épaississement du mélange qu’il faut remuer sans cesse. Pendant cette opération, le brasseur surveille de près la température du brassin. Grâce à la méthode par infusion, on obtient en quelques heures un moût sucré. Après filtration, ce moût est envoyé dans la chaudière d’ébullition ou il est stérilisé et aromatisé par des houblons fins d’origine allemande (le Hallertau bavarois) et yougoslave (la Styrie) et on obtient un moût de couleur ambrée.
Une fois refroidi le moût passe en cuve de fermentation et il reçoit un levain préparé à partir de levures de culture pure. La fermentation principale dure 5 à 6 jours. Les levures sont à la source de toute bière. En fin de fermentation, la bière jeune encore trouble est pompée vers les tanks de garde où elle mûrit, s’affine et se charge de gaz carbonique. La garde dure 3 semaines à une température de 15°. Pendant ce temps là, on ajoute encore des levures conservées avec le plus grand soin au laboratoire de la brasserie et qui en se développant confèrent à la bière d’Orval son cachet si particulier. Du houblon frais y est encore ajouté pour en rehausser le bouquet.
Durant 5 semaines, la bière d’Orval refermente en bouteille dans des salles de stockage climatisées à 15°.
Ce n’est que 10 semaines après son brassage et de multiples contrôles de qualité que la bière d’Orval quitte la brasserie.
La bière doit être conservée à l’abri de la lumière et à une température comprise entre 10 et 15°C. Servie dans son verre d’origine, c’est à cette température qu’on la déguste. A votre bonne santé !
[Edité le 31 Octobre 2009]



