Marville, l’espagnole

Les Gaumais n’ont pas attendu le XXe siècle pour avoir des rapports soutenus avec l’Espagne. Déjà au XVIe siècle, Marville vivait à l’heure espagnole ! Marville a toujours eu un destin étrange. Cette charmante localité gaumaise fut espagnole avant d’être canadienne. Quel étrange mélange de civilisations !

Espagnole d’abord:

Au XVIe et au XVIIe siècles, Marville a connu une ère de prospérité pendant ce que les savants appellent l’ère hispano-lorraine ! Des bourgeois pleins de richesses, de merveilleuses maisons, des commerces… Il y avait alors 3.000 habitants à Marville. Les Romains comme les Espagnols ont souvent eu leur mot à dire en Lorraine et particulièrement les militaires.

Comment on devient une ville riche…

L’extraordinaire richesse de Marville pendant des siècles n’est pas très compliquée à expliquer. Le 1er avril 1270, un certain Waleran III de Montjoie- Faulquemont, héritier du château de Marville, vend ce dernier au comte de Bar Thiébaut II et au comte de Luxembourg Henry V. En copropriété ! Un chat de deux maîtres n’est le chat d’aucun maître… Le bourg s’agrandit donc, s’embellit. Marville est toujours partagée entre la Lorraine et l’Espagne. Mais elle développe sa prospérité sans se préoccuper de ses seigneurs. Hélas, en 1655, les troupes françaises viennent s’installer ici. Marville deviendra définitivement française par ce fameux traité des Pyrénées (1659), qui eut tant d’importance pour notre région.

Que reste-t-il de tout cela?

L’église Saint-Hilaire était trop éloignée du village. Au XIIIe siècle, on construisit donc une autre église, l’église Saint-Nicolas. Le portail principal, lui, date du XVe, de même que la rose à 16 compartiments. Quant au clocher, sa construction remonte au XVIIIe. Que de gens à remercier, depuis Ermesinde jusqu’au gantois Charles-Quint et même au-delà.

Que voir dans l‘église?

Dès l’entrée, on peut admirer un bénitier en fonte du XVIe siècle. Plus loin, dans la nef sud, deux chapelles. C’est surtout la chapelle de la Sainte-Vierge qui mérite qu’on lui consacre un peu de temps, particulièrement pour son retable en bois qui date du XIVe siècle. Mais il serait impardonnable de ne pas s’attarder dans la nef nord et dans ses différentes chapelles. L’extérieur non plus n’est pas dénué de charme. Bref, une église qui vaut le détour. Mais le village lui-même demande que l’on y flâne à l’aise. Les façades de la Grand-place sont vraiment remarquables. Même chose à la rue du Basles, à la rue du Tripot (oui, oui) et à la rue des Prêtres (si, si).

Un cimetière où l’on voudrait être mort (un peu)

Que dire du cimetière Saint- Hilaire ? S’il est peu apprécié par les défunts, on s’en doute, il représente pour ceux qui sont encore en attente une très belle montée vers le repos. Et quand on est au dessus de la colline, où donner de la tête ? Dans la chapelle romane Saint-Hilaire, qui date de la fin du XIIe siècle ? Près des tertres qui la bordent et qui sont parfois de simples tombes perdues dans la végétation, parfois de remarquables pierres sculptées ? A l’ossuaire (40.000 crânes ou à peu près, qui remontent si l’on peut dire jusqu’au XVe siècle)? Ou, pas loin, devant les tombes des enfants canadiens morts ici ? Car Marville a connu aussi une période canadienne.

(texte de Claude Raucy extrait du guide touristique de Virton 2009-2010)

Syndicat d’Initiative Transfrontalier de Marville et des territoires environnants :
Mairie • F-55600 Marville
Tél : +33(0)329 88 15 15 • Fax : +33(0)329 88 14 60
e-mail : syndicatdinitiativemarville@gmail.com
Vous trouverez de plus amples renseignements sur le village de Marville mais également sur son sympathique Festival annuel sur le site Festival Arts et Renaissance

[Edité le 30 Juillet 2010]


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